Octobre, c’est la nature qui jette tous ses feux avant le sommeil d’hiver. Y passe toute la gamme des ocres, des jaunes, des bruns et même des rouges. Les châtaigniers et les chênes jettent leurs fruits mûrs aux ventres gourmands ou prévoyants et les sous-bois nous offrent de belles poêlées de champignons pour nous régaler. Çà et là certains soirs commence à crépiter le feu dans les cheminées, mais en Bretagne les nuits sont encore douces et propices à la reproduction de certains animaux et encore plus s’il pleut.

Les animaux dont il est question aujourd’hui sont les salamandres, et plus précisément la salamandre tachetée encore commune dans toute la France mais en danger et protégée.

Dans notre région au climat doux et humide, la salamandre se reproduit à quelque chose près toute l’année, mais il y a des périodes de pic comme chez l’humain pour qui le mois d’août et les fêtes de fin d’année sont très favorables à la fabrication des bébés.

Chez la salamandre tachetée, une de ces périodes se situe fin octobre/début novembre non pas pour cause de fêtes ou de vacances, mais de météo saisonnière.

Il y a ces dames « enceintes » qui se dirigent vers les points d’eau pour y expulser leurs petites larves, les dames énamourées à la recherche d’un géniteur et des tas de messieurs très énervés qui cavalent dans tous les sens. Bref, tout ce petit monde circule beaucoup, traverse les routes en masse… Et c’est le carnage !

Alors, s’il vous plaît, durant cette période, lorsque vous circulez en voiture la nuit tombée sur les petites routes de campagne, roulez doucement !

Pleins phares quand c’est possible, guettez ces petites créatures noir et jaune sur le bitume, et plus particulièrement les jours de pluie.

Certains peuvent être tentés de les ramasser pour les faire traverser, mais il faut savoir que les salamandres ont la peau recouverte d’une substance protectrice qu’il faut préserver car énergivore à reconstituer pour l’animal. Alors, si la situation l’exige vraiment, on peut prendre la petite bête en glissant délicatement sa main sous elle et vite la déposer dans le fossé. On ne la caresse pas et on ne l’embrasse pas non plus (!) sous peine de se retrouver avec des babines hypertrophiées (croyez-en l’auteur de ces lignes) car la substance en question est irritante. L’animal mis hors de danger, on s’essuie soigneusement les mains.

Belles soirées d’observation à vous !

Vidéo : Deux messieurs manifestement très énervés